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                <journal-title>Hertziana Studies in Art History</journal-title>
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            <publisher>
                <publisher-name>Bibliotheca Hertziana - Max Planck Institute for Art
                    History</publisher-name>
                <publisher-loc>Rome, Italy</publisher-loc>
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            <article-id pub-id-type="doi">https://doi.org/10.48431/hsah.0106</article-id>
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                <article-title>L’usage des cartes dans l’Italia Illustrata de Biondo Flavio</article-title>
                <alt-title>L’usage des cartes</alt-title>
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                        <surname>Bouloux</surname>
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                    <email>nathalie.bouloux@univ-tours.fr</email>
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                    <xref ref-type="corresp" rid="corr-jcaggfgigee">‐</xref>
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                <aff id="affjbjicjejhed"><institution content-type="orgname">Université de
                        Tours</institution><institution content-type="orgdiv1">Département
                        d'histoire et d'archéologie</institution><addr-line/><city/></aff>
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            <author-notes>
                <corresp id="corr-jcaggfgigee">Corresponding author:
                        <email>nathalie.bouloux@univ-tours.fr</email></corresp>
            </author-notes>
            <pub-date pub-type="epub">
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            </pub-date>
            <volume>1</volume><issue-title>Walking Through History. An Interdisciplinary Approach to Flavio Biondo’s Spaces in the "Italia Illustrata"</issue-title>
            
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                    <year>2020</year>
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                <copyright-statement>This material is distributed under the terms of the Creative
                    Commons Attribution License, which permits unrestricted use, distribution, and
                    reproduction in any medium, provided the original work is properly
                    cited.</copyright-statement>
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                <copyright-holder>Bibliotheca Hertziana - Max Planck Institute for Art
                    History</copyright-holder>
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                    <license-p>This work is licensed under Creative Commons Attribution 4.0
                        International (CC BY 4.0).</license-p>
                </license>
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            <abstract xml:lang="en">
                <p id="piq3ukm4rsj">Biondo Flavio's Italia Illustrata is a remarkable work from the
                    15th century that exemplifies the geographical culture of humanism. Commissioned
                    by Alphonse of Aragon, it aims to catalog illustrious figures in Italy but goes
                    beyond by meticulously describing the Italian landscape and celebrating its
                    connection to ancient Rome. This article examines three aspects of
                        <italic>Italia Illustrata</italic>: the text's composition, the types of
                    maps mentioned, and their significance in Biondo's work. By analyzing his
                    sources and methods, we gain insights into the humanist's approach to portraying
                    Italy's past and present.</p>
            </abstract>
                        <kwd-group kwd-group-type="author">
                <kwd>Antique geography</kwd>
                <kwd>maps</kwd>
                <kwd>measurements</kwd>
                <kwd>Biondo</kwd>
            </kwd-group>
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        <sec id="import-qu81hye9pn" sec-type="chapter">
            <title>Introduction</title>
            <p id="o36klkkcdm2x">L’<italic>Italia illustrata</italic> de Biondo Flavio est
                certainement une de ses œuvres les plus originales et les plus nouvelles.<xref ref-type="fn" rid="fn1">1</xref> Écrite dans les années 1448–1453, alors qu’il a
                quitté provisoirement ses fonctions à la curie pontificale à la suite de tensions
                avec le nouveau pape Nicolas V, l’<italic>Italia illustrata</italic> est typique de
                la culture géographique de l’humanisme. A l’origine, l’humaniste répond à une
                commande d’Alphonse d’Aragon, désireux d’avoir un catalogue des hommes illustres
                d’Italie. Il dépasse le cadre du projet en décrivant l’espace de l’Italie à partir
                de recherches de topographie minutieuses, avant tout fondées sur une enquête dans
                les textes de géographes et d’historiens antiques, et dans des cartes de nature
                diverse. Le but ultime est de célébrer l’Italie moderne, héritière de la Rome
                ancienne, divisée politiquement mais unie par une culture commune, l’humanisme, qui
                trouve son espace d’origine et de diffusion dans la péninsule. L’<italic>Italia
                    illustrata</italic> vise à mettre l’Italie en lumière en faisant rejaillir sur
                elle la gloire du passé romain :</p>
            <disp-quote>
                <p id="db5jal66trx">Puisque la situation est meilleure, Dieu étant plus favorable à
                    notre époque et que revivent les autres arts et surtout l’éloquence, ce qui a
                    entraîné les hommes de notre temps à s’engager avec plus d’empressement dans
                    l’étude de l’histoire, j’ai voulu voir, moi qui suis devenu expert dans la
                    connaissance de l’Italie, si je pourrais accorder aux plus anciens lieux et
                    peuples de nouveaux noms, aux nouveaux lieux le prestige, rappeler à la mémoire
                    les lieux disparus et ramener de l’obscurité à la lumière l’histoire de
                        l’Italie.<xref ref-type="fn" rid="fn2">2</xref></p>
            </disp-quote>
            <p id="pdyxwwheow47">L’originalité de cette description de l’Italie est d’être conduite
                à l’échelle topographique, ce qui invite à s’interroger sur les instruments et les
                méthodes de travail de l’humaniste. Biondo mentionne dans sa préface les principaux
                textes géographiques et historiques antiques qu’il a utilisés. L’étude des sources
                permet en général d’avoir une assez bonne idée de leur rôle dans la construction du
                texte. La place des cartes est plus complexe à mettre en évidence, même si Biondo
                indique parfois lorsqu’il les utilise.<xref ref-type="fn" rid="fn3">3</xref> En vue
                d’éclairer la méthode de travail de Biondo et la fonction qu’il accorde aux
                représentations cartographiques, j’aborderai trois aspects de <italic>l’Italia
                    illustrata</italic> : les modes de composition du texte, la nature des cartes
                qu’il mentionne et les modalités de leur usage.</p>
        </sec>
        <sec id="import-qa2kbs5i6x" sec-type="chapter">
            <title>Nature et mode de composition de l’<italic>Italia illustrata</italic></title>
            <p id="qneknch46hxj">Commençons par considérer un passage de l’<italic>Italia
                    illustrata</italic> afin de comprendre le mode de construction du traité :</p>
            <disp-quote>
                <p id="rl9rfz84x55t">Prima post Auxerim sunt Arni ostia, a quibus paululum recedit
                    Liburnium, Pisani Portus munitissima arx, apud quam in scopulo passus mille a
                    continenti recedente fundata est turris pharea, nocturnum Tyrrheno mari
                    navigantibus lumen quam remotissime praebens et Pisanum a longe ostendens
                    Portum. Arnumque, recedentes tertio a mari milliario, Pisae pontibus iungunt
                    superbisque aedificiis ornant. Eam urbem, vetustam et gestarum rerum gloria
                    claram, ab Alpheis originem habuisse dicit Virgilius, et Plinius Pisas inter
                    Auxerim et Arnum amnes a Pelope et Territanis graeca gente ortas asserit.
                    Iustinus vero dicit Pisas in Liguribus graecos auctores habere ; et Lucanus in
                    primo « Hinc Tyrrhena vado frangentes aequora Pisae » ; Livius XXI : « Ea […]
                    causa consuli fuit, cum Pisas navibus venisset, […] ad Padum festinandi ». Pisae
                    tertio Eugenio pontifice romano ornatae fuerunt. Eam urbem, florentibus
                    Romanorum rebus, nullum habuisse potentatum videmus. Postquam vero maritimae
                    urbes Etruscae hinc Luna inde Populonia deletae fuerunt, quiescentibus per
                    Caroli Magni et filiorum tempora Italiae rebus, Pisae multos habuerunt
                    praestantissimos maritimo bello viros, quorum gesta in nostris
                        <italic>Historiis</italic> celebrantur. Sed ab annis quadraginta postquam ea
                    civitas Florentinis subiecta fuit, infrequens populo opibusque exinanita penitus
                    est reddita.<xref ref-type="fn" rid="fn4">4</xref></p>
            </disp-quote>
            <p id="fkaqm6j6mg5f">Cet extrait est représentatif de l’histoire des lieux que promeut
                Biondo Flavio. La plupart du temps, dans le cas d’une région côtière, il construit
                sa description en commençant par le littoral puis poursuit par l’intérieur des
                terres, selon un ordre fréquemment utilisé par les géographes antiques. Pise est
                caractérisée par sa situation près de l’embouchure de l’Arno. Le texte donne
                l’impression d’un parcours (« Prima post Auxerim, paululum »), trait distinctif de
                    l’<italic>Italia illustrata</italic> qui lui confère son caractère de
                description géographique. Puis viennent des données qui établissent la singularité
                du lieu (ici le phare), accompagnées de références historiques et littéraires issues
                de sources antiques courantes (Tite-Live, Virgile, Pline, Lucain …), complétées par
                des renseignements relatifs à l’histoire moderne de la ville. Biondo fait preuve,
                selon son habitude, d’une grande attention portée aux modifications advenues entre
                les temps romains (époque où la ville est très secondaire), les temps « médiévaux »
                (la ville devient une des principales cités maritimes de l’Italie), et sa propre
                époque où la conquête par Florence entraîne la décadence de Pise. Biondo élabore de
                la sorte une histoire des lieux fondée sur la localisation géographique, le nom
                moderne associé au nom ancien, l’histoire locale particulière faite de réminiscences
                antiques et de considérations sur l’état actuel, auxquelles s’ajoutent parfois
                l’évocation des propriétés naturelles, et pour les cités les plus importantes, le
                catalogue des hommes illustres qui en sont issus. Cette histoire des lieux, que l’on
                pourrait aussi qualifier de géo-histoire, a pour cadre une description géographique
                à l’échelle topographique, où l’auteur s’applique à mentionner des centres mineurs
                souvent dénués d’histoire mais indispensables pour donner une vue précise des
                réalités italiennes. La « géographie » de Biondo est de nature historique dans la
                mesure où il est conscient des changements qui se sont opérés dans l’espace depuis
                l’empire romain, mais l’étude de l’espace du passé vise à comprendre et à célébrer
                le présent.<xref ref-type="fn" rid="fn5">5</xref> De ce point de vue, l’expression
                courante de « géographie antiquaire » pour qualifier l’œuvre n’est peut-être pas la
                plus adaptée, ni celle de géographie historique (si l’on entend par là une
                géographie qui considérerait le passé pour expliquer le passé). <xref ref-type="fn" rid="fn6">6</xref></p>
            <p id="wut0m7rk60vg">Le programme de Biondo, qui implique un va-et-vient continuel entre
                l’espace du passé et celui du présent, se heurte à des obstacles considérables qui
                sont de deux ordres : les problèmes posés par la « mutatio nominum » (c’est-à-dire les
                changements des noms de lieux entre l’Antiquité et l’époque moderne) et les
                difficultés à suivre un schéma descriptif cohérent, afin de rendre compte avec
                exactitude des réalités toponymiques. Dans les deux cas, les cartes jouent un rôle
                notable.</p>
            <p id="z0id6hd8pwj7j">La conscience du changement des noms depuis les temps romains
                n’est pas une nouveauté. Dès le XII<sup>e</sup> siècle, certains savants latins en
                avaient noté les effets quant aux difficultés à lire les descriptions du monde,
                toujours fondées sur les textes antiques. Pétrarque est le premier à affronter le
                problème en lui donnant un sens nouveau et en proposant une méthode pour le
                    résoudre.<xref ref-type="fn" rid="fn7">7</xref> A ses yeux, les changements de
                noms, associés aux contradictions des auteurs et à la méconnaissance des lieux,
                engendraient des difficultés pour l’intelligence des textes antiques de toute
                nature. Pour les lever, il recommandait de confronter les textes, les cartes et
                l’inspection des lieux. C’est ce programme et cette méthode qui forment l’essentiel
                du travail des géographes humanistes du XV<sup>e</sup> siècle. A cet égard,
                    l’<italic>Italia illustrata</italic> a certainement joué un rôle considérable de diffusion de
                la méthode en constituant un modèle de référence.<xref ref-type="fn" rid="fn8">8</xref></p>
            <p id="kbw6rj604nh">Dans la préface du livre consacré à la première région, la Ligurie,
                Biondo lie les deux obstacles, « mutatio nominum » et difficulté à choisir un ordre
                descriptif cohérent :</p>
            <disp-quote>
                <p id="xv9huaqaly1">Est vero perdifficile in tanta mutatione rerum regionumque,
                    quantam vident factam qui romanas historias attente legunt, modum adinvenire
                    dividendis regionibus recensendisque ordine civitatum, oppidorum, montium
                    fluminumque vocabulis.<xref ref-type="fn" rid="fn9">9</xref></p>
            </disp-quote>
            <p id="join9tmq6mne">Dans une lettre adressée au cardinal Prospero Colonna en décembre
                1450, Biondo associe description de l’Italie et travail de comparaison entre les
                noms anciens et les noms modernes (« describendae Italiae et conferendis priscorum
                cum praesentibus locorum nominibus »).<xref ref-type="fn" rid="fn10">10</xref> De
                fait, l’<italic>Italia illustrata</italic> est ponctuée de noms antiques associés à leur forme
                moderne (« olim [...] nunc »), de constats qu’un toponyme ancien s’est conservé ou
                qu’il s’est au contraire considérablement transformé.<xref ref-type="fn" rid="fn11">11</xref></p>
            <p id="a0ua273f3p6m">Parmi les remarques de méthode qui jalonnent
                    l’<italic>Italia illustrata</italic>, l’une exprime au mieux les difficultés inextricables
                rencontrées par Biondo :</p>
            <disp-quote>
                <p id="mkm0y3xcrs2o">Igitur a Velino lacu repetentes omnem ex veteri Umbria nobis
                    reliquam regionem, ea quae ipsum Velinum et Reatinam urbem, Tiberim, Anienem
                    flumina ac lacum Marsorum interiacent explicemus. Maximus autem is est montium
                    et camporum globus et quem nec incolae satis norunt, in quo multa fuerunt prisci
                    vocabuli loca quae praesentibus conferri nequeunt, tum quia interierunt quaedam,
                    tum quia incomprehensibilis mutatio in aliis est facta.<xref ref-type="fn" rid="fn12">12</xref></p>
            </disp-quote>
            <p id="zrevuagxz8oe">L’humaniste met en application la méthode de Pétrarque, une méthode
                « philologique » fondée sur la confrontation entre textes anciens et modernes, entre
                textes et cartes, afin de résoudre la « mutatio nominum » et créer des liens entre
                l’espace du passé et celui du présent. Le procédé mis en œuvre, qui reste implicite,
                consiste à associer, lorsque c’est possible, proximité phonétique entre noms anciens
                et modernes et localisation topographique.<xref ref-type="fn" rid="fn13">13</xref>
                Un autre obstacle (lui aussi relevé par Pétrarque) réside dans les contradictions
                entre les auteurs anciens, ce qui a pour effet de brouiller l’effet de continuité
                entre espace antique et moderne. Parfois l’enquête débouche sur des apories. C’est
                alors Biondo indique qu’il a comparé les textes aux cartes et expose le problème
                qu’il tente de résoudre, en formulant des hypothèses et des conjectures qu’il soumet
                à la sagacité du lecteur.</p>
        </sec>
        <sec id="import-a6v6hsx8ea" sec-type="chapter">
            <title>Types de cartes</title>
            <p id="e97qiy4uws6i">Quels types de cartes Biondo utilise-t-il ? La question est plus
                complexe qu’il n’y paraît à première vue.</p>
            <sec id="s-cartes-anciennes">
                <title>Cartes anciennes</title>
                <p id="dxki2lvy2l1b">Biondo mentionne quelquefois des cartes anciennes :</p>
                <disp-quote>
                    <p id="dcg2t2nhb0tk">In sinuque Lunensis sive Veneris portus intimo Spedia est,
                        novum oppidum citra annos LX muro circumdatum, secus quam, inspecta Italiae
                        descriptione ac pictura a maioribus facta, Tiguliam fuisse coniector.<xref ref-type="fn" rid="fn14">14</xref></p>
                </disp-quote>
                <disp-quote>
                    <p id="ufkq8op8sh4l">Apud Ocelini turrem Padusae finem olim fuisse et Rhenum
                        Bononiensem eo loco aut propinquo Padum influxisse indicant pervetusti
                        utriusque amnis alvei, indicantque pariter Ptolemaei ac aliorum geographorum
                        descriptio ac pictura.<xref ref-type="fn" rid="fn15">15</xref></p>
                </disp-quote>
                <p id="slaid2wsro5b">La deuxième citation montre sans aucun doute et sans surprise
                    le recours aux cartes qui accompagnent la <italic>Géographie</italic> de
                    Ptolémée, traité en passe de devenir au milieu du siècle un modèle nécessaire
                    (mais, pour Biondo, critiquable, comme il sera rappelé plus loin).<xref ref-type="fn" rid="fn16">16</xref> La première citation est plus
                    ambiguë. On pense immédiatement que Biondo a utilisé la carte de l’Italie de
                    Ptolémée, qui porte en effet Tigulia. Mais comme l’a noté Paolo Pontari,
                    l’identification entre la Spezia et Tigulia est une déduction personnelle de
                    Biondo, qui s’oppose à celle de l’auteur de la source de ce passage, Giacomo
                        Bracelli.<xref ref-type="fn" rid="fn17">17</xref> Celui-ci, ami de Biondo,
                    avait composé en 1442 une description du rivage de la Ligurie, qu’il lui a
                    envoyée en 1448 à sa demande, alors que Biondo commençait
                        l’<italic>Italia illustrata.</italic> Giacomo Bracelli, lui aussi lecteur de Ptolémée,
                    avait conjecturé que Tigulia était Sestri Levante.<xref ref-type="fn" rid="fn18">18</xref> De son côté, Biondo identifie Sestri Levante à Segesta
                    Tigulliorum en prenant appui sur le texte de Pline (et peut-être aussi sur celui
                    de Pomponius Mela, II, 72, en tout cas pas sur celui de
                        Ptolémée)<italic>.</italic> La <italic>pictura a maioribus facta</italic>
                    est ici probablement la carte dessinée par Agrippa en collaboration avec
                    Auguste, exposée sur le portique Vipsania, que Pline (III, 17) dit avoir
                    utilisée pour sa description du monde. C’est donc bien en reprenant un passage
                    de Pline (qui concorde avec celui d’un autre auteur, Pomponius Mela), dans
                    lequel l’encyclopédiste antique dit s’être servi d’une carte, que Biondo
                    conjecture la position de Tigulia. Dès lors, il convient d’être prudent dans
                    l’interprétation : la mention d’une carte peut provenir d’une source textuelle
                    sans signifier pour autant que Biondo en a fait lui-même usage.</p>
            </sec>
            <sec id="s-cartes-marines">
                <title>Cartes marines</title>
                <p id="zuf4ewszop7">Les cartes marines sont au milieu du XV<sup>e</sup> siècle des
                    objets usuels dans le monde méditerranéen, tant chez les gens de mer que chez
                    les savants. Un humaniste de la stature de Biondo, qui a été au service de
                    Venise dans la première partie de sa carrière, ne peut manquer d’en avoir vu. De
                    fait, certaines parties de son <italic>Italia illustrata</italic> suggèrent
                    qu’il en a utilisé :</p>
                <disp-quote>
                    <p id="g2blrbmhkmyw">Insulam, quae illum ab Austro Africoque tutum reddat,
                        natura obiecit, secus quam vastae se pandunt fauces, multis reflexibus
                        tortuosae, in longum amplumque sinum qui passus quinque milia longitudine ac
                        latitudine protenditur, navigia admittentes. Portusque ipse, omnium
                        capacissimus navigiorum, Macra augetur […].<xref ref-type="fn" rid="fn19">19</xref></p>
                </disp-quote>
                <p id="p2n9ak8d91v6">La description du golfe, la mention des vents
                        (<italic>auster</italic>, <italic>africus</italic>), et la référence à la
                    navigation constituent des indices de l’utilisation d’une telle carte (et
                    peut-être d’un portulan, description des routes maritimes). En réalité, ce
                    passage est entièrement inspiré de Giacomo Bracelli.<xref ref-type="fn" rid="fn20">20</xref></p>
                <p id="wgvbpefabkq">En outre, l’expression « omnium capacissimus navigiorium » est
                    le signe probable de la lecture de <italic>l’Itinerarium</italic> de Pétrarque,
                    qui décrit d’une manière analogue cette région et a fourni un modèle d’écriture,
                    aussi bien à Bracelli qu’à Biondo, du moins pour le littoral de la mer
                        Tyrrhénienne.<xref ref-type="fn" rid="fn21">21</xref> Le reste de
                        l’<italic>Italia illustrata</italic> ne paraît pas présenter de preuves
                    formelles de l’utilisation de cartes marines. En fait, Biondo n’en avait pas
                    nécessairement besoin, car il travaillait sur une ou plusieurs cartes modernes
                    de l’Italie, qui reprennent souvent les toponymes littoraux des cartes marines
                    et présentent l’avantage de fournir les informations indispensables pour
                    conduire la description de l’intérieur des terres.</p>
            </sec>
            <sec id="s-cartes-modernes-de-litalie">
                <title>Carte(s) moderne(s) de l’Italie</title>
                <p id="hukywhy1q07e">De fait, Biondo mentionne à deux reprises l’utilisation d’une
                    carte de l’Italie moderne selon lui dessinée par Pétrarque et le roi Robert
                    d’Anjou, ce qui intrigue depuis longtemps les spécialistes :</p>
                <disp-quote>
                    <p id="ytdneroas9n">Ad eamque villam rectus et primarius Padi cursus qui
                        praeterlabitur anno nunc centesimo tortuosiore veniebat alveo, quem nunc a
                        vici incolis ‘Codeream’ corrupte pro Capite Eridani dictum, secus villam
                        Belreguardam desiccatum videmus. Nam pictura Italiae quam in primis
                        sequimur, Roberti regis Siciliae et Francisci Petrarchae eius amici opus,
                        Vicuentiam Vicueriamque et Conam vicos profluenti Pado appositos habet.
                        Quare partes ipsas Padi a Ferraria Cosandalum et a Coderea in mare nunc
                        defluentes a centesimo anno initium habuisse non dubito.<xref ref-type="fn" rid="fn22">22</xref></p>
                </disp-quote>
                <disp-quote>
                    <p id="brzbr7wrngkm">Hunc vero Ficaroli ramum inter annos centum proximos
                        inchoasse ideo non dubitamus, quia Roberti regis Neapolitani et Francisci
                        Petrarchae pictura Italiae, quam nos sequi supra diximus, ipsum non habet
                            ramum.<xref ref-type="fn" rid="fn23">23</xref></p>
                </disp-quote>
                <p id="l2szaj4z9xug">Si la plupart des historiens considèrent aujourd’hui que la
                    carte dont se servait Biondo n’a pas été dessinée par Pétrarque et Robert
                        d’Anjou,<xref ref-type="fn" rid="fn24">24</xref> il reste que cette
                    attribution lui confère prestige et autorité, ce qui justifie sans doute aux
                    yeux de Biondo de l’indiquer comme l’une de ses sources. Il est d’ailleurs
                    possible que cette carte, mentionnée seulement dans la partie consacrée à la
                    Romagne, n’ait pas représenté toute l’Italie. Dans une lettre envoyée au
                    cardinal Prospero Colonna le 21 décembre 1450, Biondo l’empresse de solliciter
                    de sa part auprès du roi de Naples une carte du sud de l’Italie, indispensable
                    pour décrire ces régions. Cette requête suggère qu’il ne disposait sans doute
                    que d’une représentation du Nord de la péninsule :</p>
                <disp-quote>
                    <p id="zgfupz4m4016">Quare, si tibi videbitur, non ingratum mihi fuerit, si tu
                        Latinam regionem eleganti exaratam volumine ad eum miseris et munere verbis
                        ornato tuis meum illi aperueris desiderium, ut et picturam et praesentis
                        temporis nominum declarationem longiusculamque narrationem a suis, quos
                        habet multos, peritioribus factam ad me mittat.<xref ref-type="fn" rid="fn25">25</xref></p>
                </disp-quote>
                <p id="sajemama2b5f">La nécessité de recourir à des représentations cartographiques
                    modernes pour conduire une description géographique ou une narration historique
                    est déjà exprimée en 1443 dans une lettre à Alphonse d’Aragon, où Biondo se
                    propose d’écrire une histoire de l’Espagne à son intention.<xref ref-type="fn" rid="fn26">26</xref></p>
                <p id="ve51fgc3bmps">Les cartes de l’Italie moderne constituent un ensemble
                    remarquable, encore assez peu étudié en dehors d’un article de Marica
                        Milanesi.<xref ref-type="fn" rid="fn27">27</xref> Toutes différentes, elles
                    ont néanmoins des caractéristiques communes : le trait de côte de la péninsule
                    est proche de celui des cartes marines, la nomenclature est moderne, et le
                    relief (principalement le cours des fleuves), sert à structurer l’ensemble.
                    Elles sont d’une remarquable exactitude.<xref ref-type="fn" rid="fn28">28</xref>
                    La plupart dessinent la péninsule dans son entier et donnent ainsi une
                    représentation concrète de son unité géographique. Dans certains cas pourtant,
                    la carte ne concerne qu’une partie de l’Italie. C’est le cas de celle conservée
                    à Strasbourg.<xref ref-type="fn" rid="fn29">29</xref> L’étude de Kurt
                    Guckelsberger, dans le présent volume, montre que celle conservée à Londres
                    (British Library, Cotton roll. XIII. 44) est constituée de deux espaces dessinés
                    à une échelle différente, la limite passant par la frontière entre le royaume de
                    Naples et les États pontificaux, ce qui suggère que deux ensembles
                    cartographiques distincts (vraisemblablement d’origine différente) ont été
                    assemblés pour la fabriquer. Il n’est enfin pas impossible que Biondo ait eu
                    aussi à sa disposition l’une ou l’autre des cartes régionales, nombreuses et
                    précoces, notamment en Italie padane. En tout état de cause, il faudrait
                    conduire des études détaillées sur les toponymes mentionnés par Biondo et les
                    cartes que nous avons conservées.<xref ref-type="fn" rid="fn30">30</xref></p>
            </sec>
        </sec>
        <sec id="import-o87jrih7fh" sec-type="chapter">
            <title>Usage de la carte : rapport avec les textes et construction d’une géographie
                critique</title>
            <p id="cb249vr76v3j">On peut distinguer plusieurs modalités d’utilisation des cartes :
                construire le texte en les lisant; s’en servir pour localiser un nom de lieu et
                confronter l’espace antique et l’espace moderne ; les critiquer en les comparant aux
                textes et à d’autres cartes.</p>
            <p id="zamxd4pzj1nj">Avant d’examiner ces aspects en détail, il convient de considérer
                les rapports entre texte et carte. A lire les extraits cités ci-dessus, il saute aux
                yeux qu’elles sont presque toujours associées à des textes (« Italiae descriptione
                ac pictura a maioribus facta » ; « indicantque pariter Ptolemaei ac aliorum
                geographorum descriptio ac pictura » ; « picturam et praesentis temporis nominum
                declarationem longiusculamque narrationem »), ce qui est confirmé par une remarque
                de méthode :</p>
            <disp-quote>
                <p id="w2l0gxqmhv3r">Difficilis vero est montium huiusmodi et sitorum in ipsis
                    locorum descriptio quod saltuosissima sunt et rivis altisque rupibus quandoque
                    ita dividuntur, ut ne pictura sit nec elocutio quae plenam illorum notitiam dare
                        possit.<xref ref-type="fn" rid="fn31">31</xref></p>
            </disp-quote>
            <p id="j6tw8ol85zqe">Le travail du « géographe » dépend des instruments dont il
                dispose. Lorsque ceux-ci sont défectueux, il rencontre des difficultés parfois
                insurmontables. Ces instruments sont la <italic>pictura</italic> et
                    l’<italic>elocutio</italic>. Le premier terme désigne clairement une carte.
                Celui d’<italic>elocutio</italic> renvoie à une notion plus complexe. C’est un terme
                technique qui désigne la production d’un discours, selon les principes de la
                    rhétorique.<xref ref-type="fn" rid="fn32">32</xref> Pour parler des textes
                géographiques savants, Biondo utilise de manière préférentielle le terme de
                    <italic>descriptio</italic>. Il est donc assez probable
                    qu’<italic>elocutio</italic> désigne les connaissances qui transitent par le
                langage, écrit ou oral, ce qui les distingue des images (<italic>pictura</italic>).
                Comme les descriptions géographiques des Anciens ne peuvent suffire, Biondo a
                recours à des données modernes de nature variée, écrits documentaires et
                renseignements fournis par ceux qui connaissent la région. La description des lieux
                repose aussi sur ce savoir local. Revenons un instant sur la lettre envoyée au
                cardinal Prosper Colonna, dans laquelle Biondo réclame des documents en vue de
                pallier ses connaissances incomplètes des réalités modernes, alors qu’il dit
                disposer en suffisance de données antiques –par quoi il faut évidemment entendre les
                textes géographiques et cosmographiques de l’Antiquité.<xref ref-type="fn" rid="fn33">33</xref> Ces documents sont de trois ordres, une carte, une
                    <italic>declaratio</italic> fournissant les noms modernes et une
                    <italic>longiuscula narratio</italic>. <italic>Declaratio</italic> paraît renvoyer ici à un
                texte court, possiblement sous la forme d’une liste de noms ;
                    <italic>narratio</italic> évoque une description plus circonstanciée du royaume,
                peut-être de nature historique ou administrative.<xref ref-type="fn" rid="fn34">34</xref> Ceux qui doivent lui fournir ces documents sont des « experts en la
                matière », capables, par leur connaissance des lieux, de pallier son ignorance
                puisqu’il n’a pu ni les explorer, ni les connaître par un autre moyen (« nec satis
                perlustravi nec alias plene novi »). Cette exigence de la connaissance des lieux
                rappelle le prologue de l’<italic>Italia illustrata</italic> où Biondo légitime son projet par sa qualité d’expert de
                    l’Italie.<xref ref-type="fn" rid="fn35">35</xref> Il importe de retenir qu’il
                travaille en associant et en comparant les données fournies par les cartes, les
                textes, et les informations orales ou écrites données par ses interlocuteurs.</p>
            <p id="u2nuiaf8bxxh">Examinons maintenant la façon dont Biondo utilise les cartes.
                D’après le passage qui vient d’être analysé, elles lui servent de canevas pour
                l’organisation topographique de sa description, c’est-à-dire pour en donner une
                structure claire. A propos de la carte d’Italie moderne dont il se sert pour la
                    <italic>Romandiola</italic>, il emploie à deux reprises le verbe « sequor », qui
                désigne ici la lecture de la carte en vue d’en tirer l’ordonnance topographique
                nécessaire à la description écrite. De là viennent les difficultés, lorsque ni les
                cartes, ni les textes dont il dispose ne permettent d’exposer avec clarté la
                conformation des lieux. La lecture de la carte explique certainement aussi la
                méthode descriptive d’ensemble de l’<italic>Italia illustrata.</italic> Comme les cartographes, Biondo s’appuie sur les
                éléments du relief pour structurer sa description. Pour les parties proches du
                littoral, le trait de côte est un point de repère naturel et facile à suivre.<xref ref-type="fn" rid="fn36">36</xref> Pour l’intérieur des terres, ce sont les
                fleuves décrits de l’embouchure à la source qui jouent ce rôle, selon un sens
                inverse de celui que nous suivons de nos jours. Biondo se place en effet du point de
                vue d’un observateur qui regarde le fleuve depuis la mer, ce qui explique que la
                « gauche » soit pour lui ce que nous qualifions de rive droite. C’est un indice de
                la lecture de la carte. Étant donné le grand nombre de lieux modernes qu’il signale
                et la précision de ses informations, il faut supposer que la (ou les) carte qu’il
                utilisait constituait un instrument de travail indispensable et que certaines
                parties de l’<italic>Italia illustrata</italic> en sont la description.<xref ref-type="fn" rid="fn37">37</xref> Mais dès qu’il dispose d’informations
                écrites, la culture du texte prime. La composition du traité relève dès lors d’un
                subtil équilibre entre ces différents instruments de travail. Leur confrontation
                devient la pierre angulaire de la méthode. L’usage de la carte se limite alors à
                préciser un élément ponctuel. C’est le cas du passage relatif à de la rivière Reno,
                où Biondo décrit un détail visible sur les cartes et mentionné dans les textes
                anciens (comme le montre l’emploi du terme « indicant »).</p>
            <p id="chir22uet6rf">La carte peut donc toujours servir à fournir une information sur un
                problème particulier et participe ainsi à la mise en œuvre d’une géographie
                critique. Le cas évoqué ci-dessus à propos de Tigulia en est un exemple. Un autre,
                plus développé, est fourni par l’exemple des Frentans, un peuple antique d’Italie
                centrale :</p>
            <disp-quote>
                <p id="wiqlrw62uear">Marique contigua, vetustissima urbs Ortona, quam Ptolomaeus
                    simul cum Aterni amnis ostio in Pelignis enumerat ; sed Plinius, cui in rebus
                    Italiae magis credimus, quicquid est ab Aterni amnis ostio in Larinates
                    Frentanorum orae attribuit. Quin ipse etiam Ptolomaeus, sicut et Plinius,
                    Frentanam urbem Aterno sinistram, ubi nunc est Villafrancha, ponit, ut aut
                    Ptolomaei picturam esse depravatam, quae contraria habeat, aut eos qui
                    retulerunt sibi errasse non dubitemus.<xref ref-type="fn" rid="fn38">38</xref></p>
            </disp-quote>
            <p id="r5d3yop5ohnd">Ce passage, complexe mais d’un grand intérêt, a été étudié en
                détail dans un article de Paolo Pontari, que je résume ici.<xref ref-type="fn" rid="fn39">39</xref> Le problème est de localiser le territoire où se trouve
                l’ancienne cité d’Ortona, celui des Frentans ou de celui des Péligniens. D’après
                Ptolémée, Ortona est située à proximité de l’embouchure de l’Aterno dans le
                territoire des Péligniens (Ptolémée, III, 1, 18-19) alors que Pline l’attribue à
                celui des Frentans.<xref ref-type="fn" rid="fn40">40</xref> Le point de départ du
                problème soulevé par Biondo est une contradiction entre deux auteurs antiques.
                Biondo donne raison à Pline, en partant du principe qu’il est le plus crédible sur
                les choses italiennes. L’argument en soi est digne d’intérêt : l’encyclopédiste est
                plus crédible parce qu’il connaît mieux l’Italie, où il vit, que Ptolémée –on
                retrouve ici l’argument de l’ « expertise » évoqué ci-dessus. Si l’on suit Pline,
                Ortona relève des Frentans dont le territoire est compris entre l’embouchure de
                l’Aterno et celui des Larinates. Biondo confirme cette première conclusion par
                l’ajout d’une autre donnée, l’existence d’une ville côtière
                    <italic>Frentana</italic> (son nom indique qu’elle relevait des Frentans). Le
                problème est que cette <italic>Frentana</italic> antique est une « invention »
                philologique, due à la corruption des textes de Tite-Live et de Pline, à partir
                desquels l’humaniste conjecture son existence.<xref ref-type="fn" rid="fn41">41</xref> Pour Biondo, la présence de la <italic>Frentana</italic> antique est
                aussi confirmée parce qu’elle est identifiable à l’actuelle Francavilla a Mare. Ce
                rapprochement vient vraisemblablement de la consultation d’une carte moderne de
                l’Italie où est mentionné le toponyme Francavilla .<xref ref-type="fn" rid="fn42">42</xref> C’est un exemple d’identification par l’association de la proximité
                phonétique et de la localisation topographique. D’après Biondo, Ptolémée
                mentionnerait lui aussi cette <italic>Frentana</italic> sur la rive gauche de
                    l’Aterno.<xref ref-type="fn" rid="fn43">43</xref> L’humaniste ne précise pas
                s’il s’agit de la carte ou du texte, mais comme il utilise le verbe
                    <italic>pono</italic>, Paolo Pontari suggère que la ville se trouve sur la carte
                consultée par Biondo.<xref ref-type="fn" rid="fn44">44</xref> La carte, qui porte
                    <italic>Frentana</italic>, diffère donc du texte, qui ne la mentionne pas ; elle
                est donc corrompue (<italic>depravata</italic>) par rapport au texte.<xref ref-type="fn" rid="fn45">45</xref> Elle donne une information vraie en soi (car
                confirmée par d’autres auteurs antiques) mais <italic>depravata</italic> selon le
                texte de Ptolémée.</p>
            <p id="ukrrtjg5s6mj">L’enquête critique et philologique menée par Biondo l’amène à
                mettre en doute la conformité de la carte d’Italie par rapport au texte de Ptolémée.
                Si une carte joue légitimement un rôle dans l’établissement des faits géographiques
                dans un cadre philologique, elle doit cependant être évaluée. Ce principe fait
                évidemment émerger l’auteur comme ultime ordonnateur de l’ordre géographique, celui
                qui « conjecture » et fait parfois part au lecteur de son raisonnement. De ce point
                de vue, on ne peut qu’être frappé de l’occurrence régulière des termes
                    <italic>confero</italic> et <italic>conjecto</italic> tout au long de
                    l’<italic>Italia illustrata.</italic><xref ref-type="fn" rid="fn46">46</xref>
                <italic>Conjecto</italic> est employé lorsque le géographe, ayant identifié un
                problème (qui émerge le plus souvent d’une contradiction des sources), et après
                avoir comparé ses instruments de travail, décide et choisit, en tenant le lecteur au
                courant (ou non) de sa démarche critique. Dans ce dispositif, les cartes ont leur
                place.</p>
            <p id="vkq1zhr6bous">Aux yeux de Biondo, elles ont en outre la qualité de représenter
                l’espace à un moment donné. L’utilisation qu’il fait de la carte qu’il attribue à
                Pétrarque et à René d’Anjou est à cet égard éclairante. Constatant que sur la carte
                du XIV<sup>e</sup> siècle, deux bras du Pô seulement sont dessinés alors qu’à son
                époque il en existe trois, il conclut que la rupture des digues du Pô (événement
                majeur dans l’histoire du delta qui modifia durablement le cours du fleuve et eut
                des répercussions tout aussi importantes sur la vie des hommes) avait eu lieu moins
                d’un siècle avant le moment où il écrit. On sait aujourd’hui que la rupture des
                digues date de 1152. Biondo commet une erreur, confirmée parce qu’il lit dans des
                actes conservés par des monastères de la région.<xref ref-type="fn" rid="fn47">47</xref> Plutôt que l’erreur, c’est sa démarche critique qui est remarquable
                et le rôle qu’y joue la carte, considérée comme un enregistrement graphique d’une
                réalité topographique à un moment donné. Cela est nouveau, du moins dans une
                description géographique et témoigne une fois encore de la sensibilité historique de
                Biondo face à l’espace géographique.<xref ref-type="fn" rid="fn48">48</xref></p>
            <p id="nb67al21ouh4">Cependant, il faut se garder de prêter à l’humaniste un usage
                systématique des cartes, ni même penser qu’il leur accorde une quelconque
                supériorité sur les textes. Tout autant qu’une carte, un texte permet de donner une
                structure « géographique » à la description. La région du Latium est un bon exemple
                de ce procédé. Après avoir décrit le littoral, Biondo annonce un changement de
                méthode et dit abandonner celle qui consiste à remonter le cours des fleuves de
                l’embouchure à la source pour en adopter une spécifique au Latium, suivre les
                itinéraires des voies antiques :</p>
            <disp-quote>
                <p id="lyrnlhkcq2da">Hac autem describenda mediterranea regione modum hactenus in
                    aliis servatum a fluviorum ostiis fontibusque et discursu servare nequibimus,
                    sed alium certius facturum satis qui in nulla reperiatur alia Italiae regione
                    tenebimus, viis incedendo tribus : Appia, Latina et Tiburtina, quae, inter se
                    diversae, ad Lirim amnem et Sinuessam Caietamque perducunt.<xref ref-type="fn" rid="fn49">49</xref></p>
            </disp-quote>
            <p id="oylcgo6dkl5">Ce nouveau procédé descriptif correspond en fait à la source
                principale de Biondo pour le Latium, la <italic>Géographie</italic> de Strabon :</p>
            <disp-quote>
                <p id="wqbkr9m8u13">En ce qui concerne les autres villes du Latium, des points de
                    repère permettent de déterminer la position de certaines d’entre elles, mais
                    dans la plupart des cas on peut les situer au moyen des routes les plus fameuses
                    qui sillonnent le territoire latin. En effet, elles sont toujours bâties ou sur
                    ces routes, ou dans leurs abords ou entre deux d’entre elles. Les routes les
                    plus célèbres sont la Via Appia, la Via Latina et la Via Valeria.<xref ref-type="fn" rid="fn50">50</xref></p>
            </disp-quote>
            <p id="i2zlohec3wbc">Biondo est un lecteur précoce de la traduction de la
                    <italic>Géographie</italic> de Strabon par Garin de Vérone et Gregorio
                    Tifernate.<xref ref-type="fn" rid="fn51">51</xref> S’il mentionne Strabon dans
                sa préface comme une de ses sources, c’est seulement dans la description du Latium
                qu’il l’utilise préférentiellement, comme il l’indique lui-même.<xref ref-type="fn" rid="fn52">52</xref> Dans la description du Latium, l’organisation géographique
                adoptée donne parfois l’impression d’un recours à la carte (antique ou médiévale) et
                la méthode mise en œuvre paraît résulter d’un choix mûrement réfléchi, alors qu’il
                se contente de suivre l’ordre descriptif du texte de Strabon.</p>
        </sec>
        <sec id="import-x2v0kjd1t5" sec-type="chapter">
            <title>Conclusion</title>
            <p id="l9g5wrelnsw">Des incertitudes persistent au sujet des cartes que Biondo a
                utilisées. La carte moderne de l’Italie ne représentait peut-être que la partie nord
                et centrale de la péninsule, ce qui expliquerait que Biondo demande une carte de
                l’Italie du Sud à Alphonse d’Aragon. Mais on pourrait tout aussi bien objecter qu’il
                fait cette demande parce que celle qu’il utilise est incomplète... Par ailleurs,
                a-t-il utilisé une seule carte, celle qu’il attribue à Robert d’Anjou et à
                Pétrarque, ou a-t-il aussi eu accès à une ou d’autres cartes modernes ? La
                comparaison systématique des toponymes mentionnés par Biondo avec ceux des cartes
                d’Italie fabriquées au XV<sup>e</sup> siècle, apporterait certainement des éléments
                nouveaux permettant une juste évaluation du rôle de(s) la carte(s) moderne(s) dans
                    l’<italic>Italia illustrata</italic>. Toutefois, la conformité totale entre une carte
                particulière et le texte de Biondo risque d’être difficile à mettre en évidence, en
                raison de sa méthode de travail qui associe des sources diverses, parfois mêlées à
                des informations orales, parfois fondées sur son expérience en tant
                qu’administrateur. De plus, la lecture d’une carte et sa transposition sous une
                forme descriptive sont des opérations complexes et d’autant plus difficile à repérer
                avec certitude que la manière de lire la carte n’est pas forcément identique à la
                nôtre. Biondo commence par décrire le littoral, puis remonte le long des fleuves et
                de ce fait inverse les repères « droite » et « gauche » par rapport aux nôtres. Le
                cas du Latium montre qu’un texte où s’exprime une réflexion d’ordre méthodologique
                sur le meilleur procédé pour décrire une région peut n’être que la reprise d’une
                source écrite, qui fournit la structure topographique. De ce fait, il n’est pas
                impossible que les parties de l’<italic>Italia illustrata</italic> donnant le plus
                le sentiment d’être entièrement fondées sur une carte moderne soient en réalité le
                produit d’une description écrite –par exemple sous la forme d’un itinéraire. Il faut
                donc se garder d’exagérer le rôle des cartes dans l’écriture de l’<italic>Italia
                    illustrata</italic> et conserver à l’esprit qu’elles sont le plus souvent
                utilisées en association avec des sources écrites, preuve de la complexité des
                rapports entre carte et texte à l’âge de l’humanisme.</p>
            <p id="nl6ijgdqnyrn">Il convient enfin de pondérer l’originalité de Biondo. Il n’est ni
                le premier ni le seul à utiliser des cartes pour décrire l’espace, que ce soit en
                « lisant » la carte, en y cherchant un détail ou en l’associant avec un texte.<xref ref-type="fn" rid="fn53">53</xref> Cette pratique est en réalité très ancienne
                dans la culture médiévale et certainement plus répandue qu’on ne le croit
                    habituellement.<xref ref-type="fn" rid="fn54">54</xref> Ajoutons à cela qu’aux
                yeux d’un humaniste comme Biondo penser que Pline s’est servi de la mappemonde
                élaborée par Agrippa et Auguste pour décrire le monde apporte une légitimation
                absolue de ce procédé intellectuel « médiéval ». Ce constat ne doit pas pour autant
                conduire à sous-estimer les nouveautés apportées par Biondo. Il applique aux cartes
                anciennes les méthodes de la philologique naissante, comme en témoigne l’enquête sur
                les Frentans où la carte est jugée <italic>depravata</italic>. C’est en la
                soumettant à la critique ou plus précisément parce qu’elle est critiquable, qu’elle
                peut être utilisée comme un instrument fiable de connaissance de l’espace. L’apport
                principal de Biondo vient cependant de sa conscience de l’historicité de la carte.
                Il la considère comme un témoin de la réalité topographique à un moment donné,
                réalité qui se modifie constamment, ce qui lui permet de comparer la carte attribuée
                à Pétrarque et Robert d’Anjou avec l’organisation du delta du Pô à son époque, comme
                il le fait entre celles de Ptolémée et l’espace moderne. C’est aussi à ce titre que
                la carte joue un rôle dans l’établissement d’une géographie critique, trait
                constitutif de la géographie humaniste.</p>
        </sec>
    </body>
    <back>
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                    <part-title>Mentale Karten der Frühen Neuzeit: Die Bewältigung des
                        historischen Raumes in der Italia illustrata von Flavio
                        Biondo</part-title>
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                    <part-title>I fiumi retici nelle carte dell’Italia tra XV e XVI secolo: Breve
                        storia di una rete impossibile</part-title>
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                    <part-title>Picturae et elocutiones: fonti storiche e geografiche dell’Italia
                        illustrata di Biondo</part-title>
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            <title>Remarques</title>
            <fn id="fn1">
                <label>1</label>
                <p>Sur Biondo Flavio et le caractère innovant de l’<italic>Italia illustrata</italic>, voir <xref ref-type="bibr" rid="Fubini.1968">(Fubini
                        1968, pp. 548‑551)</xref>; Riccardo Fubini, « La geografia storica
                        dell’<italic>Italia illustrata</italic> di Biondo Flavio e le tradizioni
                        dell’etnografia »<italic>,</italic> dans <xref ref-type="bibr" rid="Fubini.2003">(Fubini 2003, pp. 53‑76)</xref>. Pour une présentation de
                    Biondo et des caractéristiques de l’<italic>Italia illustrata</italic>, <xref ref-type="bibr" rid="Clavuot.1990">(Clavuot
                        1990)</xref> et Paolo Pontari dans le premier volume de l’édition critique
                    de l’<italic>Italia illustrata </italic>: <xref ref-type="bibr" rid="Biondo.2011">(Biondo 2011, pp. 26‑250)</xref> avec une bibliographie.</p>
            </fn>
            <fn id="fn2">
                <label>2</label>
                <p>« Itaque, postquam propitiore nobis Deo nostro meliora habet aetas nostra et cum
                    ceterarum artium tum maxime eloquentiae studia revixerunt ac per ea historiarum
                    diligentius noscendarum amor nostros cepit homines, tentare volui si per eam
                    quam sum nactus Italiae rerum peritiam vetustioribus locis eius et populis
                    nominum novitatem, novis auctoritatem, deletis vitam memoriae dare, denique
                    rerum Italiae obscuritatem illustrare potero » (<xref ref-type="bibr" rid="Biondo.2014">(Biondo 2014, p. 4)</xref> praefatio, 6). Même programme
                    énoncé dans la lettre de dédicace envoyée à Alphonse d’Aragon, écrite par
                    l’humaniste vénitien Francesco Barbaro en collaboration avec Biondo : « ut tuis,
                    ut ita loquar, auspiciis vetustis Italiae, locis populis novitas detur, novis
                    auctoritas, deletis vita memoriae, denique ut obscuritas illustretur a nobis »,
                    cité par <xref ref-type="bibr" rid="Fubini.2003">(Fubini 2003,
                    p. 58)</xref>.</p>
            </fn>
            <fn id="fn3">
                <label>3</label>
                <p>Sur l’utilisation des cartes par Biondo, voir <xref ref-type="bibr" rid="Clavuot.1990">(Clavuot 1990, pp. 196‑200)</xref> ; Paolo Pontari dans
                        <xref ref-type="bibr" rid="Biondo.2011">(Biondo 2011, pp. 196‑200)</xref>.
                    Tanja Michalsky propose d’analyser le texte à partir du concept de carte mentale
                    guidant la perception des espaces décrits, voir <xref ref-type="bibr" rid="Michalsky.2019">(Michalsky 2019)</xref>.</p>
            </fn>
            <fn id="fn4">
                <label>4</label>
                <p><xref ref-type="bibr" rid="Biondo.2014">(Biondo 2014, pp. 73‑75)</xref>, 16–18 :
                    « Après le Serchio, vient d’abord l’embouchure de l’Arno, et un peu plus loin
                    Livourne, Porto Pisano, le port fortifié des Pisans où un phare a été installé
                    sur un rocher, à un mille du continent. Il est visible à une grande distance
                    pour ceux qui naviguent la nuit sur la mer Tyrrhénienne, et montre au loin Porto
                    Pisano. A trois milles vers l’intérieur, Pise enjambe l’Arno avec ses ponts et
                    l’orne de ses somptueux édifices. Virgile écrit que cette ancienne cité, célèbre
                    pour son histoire glorieuse, trouve son origine chez les
                        <italic>Alphaei</italic>. Pline rapporte que Pise fut fondée entre le
                    Serchio et l’Arno par les Pélopides et les <italic>Territani</italic>
                    [Teutanes], un peuple grec. Justin quant à lui dit que Pise en Ligurie fut
                    fondée par des Grecs. Et Lucain, au livre I : ‹ De ce côté Pise qui brise dans
                    ses bas-fonds les eaux tyrrhéniennes › et Tite-Live ‹ C’est la raison pour
                    laquelle le consul a pressé sa marche vers le Pô lorsqu’il eut débarqué à
                    Pise. › Pise eut l’honneur d’avoir donné naissance au pontife romain Eugène III.
                    Tant que les Romains fleurissaient, la ville n’avait pas de grands pouvoirs.
                    Mais par la suite, après la destruction des villes côtières étrusques (Luni d’un
                    côté, Populonia de l’autre), et alors que la paix régnait en Italie du temps de
                    Charlemagne et de ses fils, Pise fournit un grand nombre d’hommes habiles à la
                    guerre maritime, dont les exploits sont célébrés dans mes
                        <italic>Histoires</italic>. Mais après être tombée sous le contrôle de
                    Florence il y a quarante ans, elle s’est en partie vidée de sa population et
                    presque entièrement de ses richesses. »</p>
            </fn>
            <fn id="fn5">
                <label>5</label>
                <p>Sur l’attention aux <italic>mutationes</italic> entre antiquité et Italie
                    moderne, voir <xref ref-type="bibr" rid="Gambi.1977">(Gambi 1977,
                    p. 262)</xref>.</p>
            </fn>
            <fn id="fn6">
                <label>6</label>
                <p>Pour une appréciation de cet aspect de l’<italic>Italia illustrata</italic>, voir
                        <xref ref-type="bibr" rid="Fubini.2003">(Fubini 2003)</xref>. Sur la
                    géographie historique à l’âge de l’humanisme, voir <xref ref-type="bibr" rid="Milanesi.2003">(Milanesi 2003)</xref>; <xref ref-type="bibr" rid="Dalche.2012">(Dalché 2012)</xref>.</p>
            </fn>
            <fn id="fn7">
                <label>7</label>
                <p><xref ref-type="bibr" rid="Bouloux.aparaitre">(Bouloux à paraître A)</xref>, à
                    paraître.</p>
            </fn>
            <fn id="fn8">
                <label>8</label>
                <p>Sur la réception de l’<italic>Italia illustrata</italic>, voir <xref ref-type="bibr" rid="Castner.2016">(Castner 2016)</xref>.</p>
            </fn>
            <fn id="fn9">
                <label>9</label>
                <p><xref ref-type="bibr" rid="Biondo.2014">(Biondo 2014, p. 10)</xref> Liber primus,
                    7 : « Il est extrêmement difficile de déterminer une manière correcte de diviser
                    les régions et de situer en ordre les noms des cités, des villes fortes, des
                    montagnes et des fleuves, en raison de tant de changements dans les choses et
                    les régions, ce que les lecteurs attentifs des histoires romaines savent
                    bien. »</p>
            </fn>
            <fn id="fn10">
                <label>10</label>
                <p>Lettre au cardinal Prospero Colonna (1450), éditée dans <xref ref-type="bibr" rid="Biondo.1927">(Biondo 1927, pp. 163‑164)</xref>.</p>
            </fn>
            <fn id="fn11">
                <label>11</label>
                <p>Parmi les innombrables exemples : « Post Frusinatem, Ferentinatem et Anagninum,
                    quae loca nunc, parva nominis mutatione facta, sunt notissima, ex Anagnino autem
                    in Lavicanum venit, quem locum, maxima nominis mutatione facta, diximus
                    Valmontonem nunc appellari » (<xref ref-type="bibr" rid="Biondo.2014">(Biondo
                        2014, p. 271)</xref>, Regio tertia, Latina, 143) ; « Bagnacavallum, novi
                    nominis oppidum, prius Tiberiacum, et aliquando ‘Ad Caballos’ appellatum »
                        (<xref ref-type="bibr" rid="Biondo.2017">(Biondo 2017, p. 168)</xref> Regio
                    sexta, Romandiola, 71).</p>
            </fn>
            <fn id="fn12">
                <label>12</label>
                <p><xref ref-type="bibr" rid="Biondo.2017">(Biondo 2017, p. 42)</xref> Regio quarta,
                    Umbria, 60 : « Ainsi, pour revenir du lac Velino à tout le reste de l’ancienne
                    Ombrie, rendons compte de ces terres situées entre ce lac Velino et la ville de
                    Rieti, le Tibre et l’Aniene, jusqu’au lac des Marsiens. C’est un vaste ensemble
                    de montages et de plaines dont même les habitants n’ont pas une connaissance
                    suffisante. Il y avait là de nombreux lieux munis d’un nom ancien qui ne peuvent
                    être identifiés aux lieux actuels, soit parce que certains n’existent plus, soit
                    parce que dans certains cas, le nom s’est transformé de façon
                    incompréhensible. »</p>
            </fn>
            <fn id="fn13">
                <label>13</label>
                <p>Je l’ai étudié en détail à propos de la <italic>Geographia</italic> de Sebastiano
                    Compagni, un Ferrarais actif à Venise à la charnière du XV<sup>e</sup> et du
                        XVI<sup>e</sup> siècle, dans <xref ref-type="bibr" rid="Bouloux.aparaitreb">(Bouloux à paraître B)</xref>.</p>
            </fn>
            <fn id="fn14">
                <label>14</label>
                <p><xref ref-type="bibr" rid="Biondo.2014">(Biondo 2014, p. 55)</xref> Regio prima,
                    Liguria, 48 : « Au fond du golfe de Luni ou de Portovenere, se trouve La Spezia,
                    une localité récente, munie d’une enceinte il y a moins de soixante ans, près de
                    laquelle, d’après l’examen de la description de l’Italie et d’une carte faite
                    par les Anciens, je pense que se trouvait Tigulia. »</p>
            </fn>
            <fn id="fn15">
                <label>15</label>
                <p><xref ref-type="bibr" rid="Biondo.2017">(Biondo 2017, p. 190)</xref> Regio
                        sexta, Romandiola, 112 : « L’ancien cours des deux rivières
                    montre que la Padusa s’arrêtait autrefois à la tour d’Uccellino et que la
                    rivière bolonaise Reno se jetait dans le Pô à cet endroit ou non loin, ce
                    qu’indiquent également la carte et le texte de Ptolémée et d’autres géographes.
                    »</p>
            </fn>
            <fn id="fn16">
                <label>16</label>
                <p><xref ref-type="bibr" rid="Dalche.2009">(Dalché 2009)</xref>.</p>
            </fn>
            <fn id="fn17">
                <label>17</label>
                <p><xref ref-type="bibr" rid="Biondo.2014">(Biondo 2014, p. 55 n. 69)</xref>.</p>
            </fn>
            <fn id="fn18">
                <label>18</label>
                <p>« Ab ostio Entellae vix quatuor passuum milia Segestum aspicimus, quam in
                    Ptolemaei dimensiones sequuntur Tiguliam putant », Giacomo
                        Bracelli<italic>,</italic> « Descriptio orae ligusticae », dans <xref ref-type="bibr" rid="Andriani.1924">(Andriani 1924, p. 236)</xref>.</p>
            </fn>
            <fn id="fn19">
                <label>19</label>
                <p>« La nature a placé en face [du port de Luna] une île qui le met à l’abri de
                        l’<italic>auster</italic> et de <italic>l’africus</italic>, le long de
                    laquelle se déploie un long goulet, renfermant de nombreuses et tortueuses
                    petites criques. Il s’ouvre sur un immense golfe de cinq milles pas en longueur
                    et en largeur, permettant le passage des navires. Le port lui-même, capable
                    d’accueillir toutes sortes de bateaux, est baigné par le Macra. » <xref ref-type="bibr" rid="Biondo.2014">(Biondo 2014, pp. 52‑53)</xref> Regio
                    prima, Liguria, 44–45.</p>
            </fn>
            <fn id="fn20">
                <label>20</label>
                <p>« […] vastis faucibus sese pandenti, multisque reflexibus tortuoso insulam natura
                    obiecit : quae illum ex Haustro et Africo tutum praestet […] Fugiunt introrsus
                    terrae quinque passuum millia : quam longitudinem portus latitudo quoque
                    adaequat », <xref ref-type="bibr" rid="Andriani.1924">(Andriani 1924,
                    p. 237)</xref>. Un autre exemple trouve aussi sa source chez Bracelli: « Pelagusque
                    adiacens, quod Ligusticum appellari diximus, tres habet insulas, scopulis tamen
                    quam insulis similiores : unam Albingauno oppositam, […] aliam Naulo ; tertiam
                    Lunensis portus promontorio occidentali adeo propinquam ut continens videatur
                    […].» (<xref ref-type="bibr" rid="Biondo.2014">(Biondo 2014, p. 56)</xref> Regio
                    prima, Liguria, 50, <xref ref-type="bibr" rid="Andriani.1924">(Andriani 1924,
                        p. 237)</xref>).<ext-link ext-link-type="uri" xlink:href="#fnref20">↩︎</ext-link></p>
            </fn>
            <fn id="fn21">
                <label>21</label>
                <p>« et nomine Veneris insignem portum, securum ventorum omnium et omnium que sub
                    celo sunt classium capacem […] », <xref ref-type="bibr" rid="Petrarca.1990">(Petrarca 1990, cap. 18, p. 46)</xref>.</p>
            </fn>
            <fn id="fn22">
                <label>22</label>
                <p><xref ref-type="bibr" rid="Biondo.2017">(Biondo 2017, p. 203)</xref> Regio sexta,
                    Romandiola, 132–133 : « Le Pô de Primaro, qui coule droit jusqu’à ce village
                    [Consandalo], prenait un cours plus sinueux il y a un siècle entre Codrea (comme
                    elle est appelée aujourd’hui par les habitants du lieu, corruption pour Caput
                    Eridani), et le village de Belriguardo, que nous voyons aujourd’hui asséché. La
                    carte d’Italie que je suis principalement, dessinée par le roi Robert de Sicile
                    et son ami Pétrarque, porte les villages de Voghenza, Voghiera et Cona le long
                    du cours du Pô. Si bien que je peux dire que les bras du Pô qui coulent de
                    Ferrare à Consandalo et de Codrea à la mer se sont créés ces cent dernières
                    années. »</p>
            </fn>
            <fn id="fn23">
                <label>23</label>
                <p><xref ref-type="bibr" rid="Biondo.2017">(Biondo 2017, p. 216)</xref> Regio sexta,
                    Romandiola, 155 :« Je suis sûr que ce bras de Ficarolo s’est mis en place dans la
                    dernière centaine d’années parce que la carte d’Italie de Robert de Naples et
                    François Pétrarque que nous suivons, comme nous l’avons dit plus haut, ne
                    dessine pas ce bras. »</p>
            </fn>
            <fn id="fn24">
                <label>24</label>
                <p>Mise au point sur cette question dans Paolo Pontari<xref ref-type="bibr" rid="Pontari.2009">(Pontari 2009)</xref>.</p>
            </fn>
            <fn id="fn25">
                <label>25</label>
                <p><xref ref-type="bibr" rid="Biondo.1927">(Biondo 1927, pp. 163‑164)</xref> : « Aussi,
                    si tu le veux bien, ce ne serait pas ingrat envers moi si tu lui remettais le
                    beau volume contenant la région du Latium et si à l’aide d’un discours orné tu
                    l’ouvrais à mon désir qu’il me fasse envoyer et une carte, et des renseignements
                    sur les noms modernes ainsi qu’une description assez longue, faite par ceux de
                    son entourage –ils sont nombreux– qui sont experts en ces matières. »</p>
            </fn>
            <fn id="fn26">
                <label>26</label>
                <p>« Est tamen haec ipsa, quam polliceor, historia maior quam quae a me uno et
                    occupatissimo homine, decem filiolos ex manuum laboribus nutriente, absolvi
                    possit, nisi omni ferme in orbis christiani provincia aliquos variis nactus
                    essem artibus, qui regionum suarum chronica et quaecumque aliter vel scriptis
                    vel pictura dari possit, notitiam impartiti essent » <xref ref-type="bibr" rid="Biondo.1927">(Biondo 1927, p. 149)</xref>.</p>
            </fn>
            <fn id="fn27">
                <label>27</label>
                <p><xref ref-type="bibr" rid="Milanesi.2003">(Milanesi 2003)</xref>.</p>
            </fn>
            <fn id="fn28">
                <label>28</label>
                <p>
                    <xref ref-type="bibr" rid="Guckelsberger.2022">(Guckelsberger 2022)</xref> dans
                    ce volume.</p>
            </fn>
            <fn id="fn29">
                <label>29</label>
                <p>Strasbourg, Bibliothèque nationale et universitaire, 1816, URL: <ext-link ext-link-type="uri" xlink:href="https://bvmm.irht.cnrs.fr/iiif/17008/canvas/canvas-1420797/view">https://bvmm.irht.cnrs.fr/iiif/17008/canvas/canvas-1420797/view</ext-link>.</p>
            </fn>
            <fn id="fn30">
                <label>30</label>
                <p>Un exemple de cette méthode dans <xref ref-type="bibr" rid="Milanesi.2022">(Milanesi 2022)</xref>. Elle montre en particulier que les cours de
                    l’Adige/Noce, de l’Adda et de l’Oglio, tels qu’ils sont décrits dans
                        l’<italic>Italia illustrata</italic> correspondent parfaitement à la carte
                    d’Italie de la British Libray <italic>Italie provincie modernus situs</italic>,
                    BL Cotton roll XIII 44.</p>
            </fn>
            <fn id="fn31">
                <label>31</label>
                <p><xref ref-type="bibr" rid="Biondo.2017">(Biondo 2017, p. 104)</xref>
                    Regio quinta, Picenum, 69 : « Mais il est difficile de décrire
                    les régions montagneuses de ce genre avec leurs localités, parce qu’elles sont
                    couvertes de forêts et divisées par d’innombrables cours d’eau et par des
                    escarpements rocheux, si bien que ni carte ni discours ne peuvent en donner une
                    pleine connaissance. »</p>
            </fn>
            <fn id="fn32">
                <label>32</label>
                <p><italic>Cic.</italic> 1. <italic>Invent.</italic> 7. 9. « Elocutio est idoneorum
                    verborum et sententiarum ad inventionem accommodatio. » Voir aussi
                        <italic>Quintil.</italic> 8. 1. 1. Voir <xref ref-type="bibr" rid="Kirchner.2008">(Kirchner 2008)</xref>. Le terme concerne la formulation
                    d’un discours (oral principalement) qui doit avoir les qualités de la correction
                    linguistique, de la clarté et de l’ornementation.</p>
            </fn>
            <fn id="fn33">
                <label>33</label>
                <p>« Est ultra Latinam regionem ea Italiae pars, quam regnum Siciliae appellamus, in
                    aliquot divisa regiones, Campaniam scilicet veterem, Samnium sive Aprutium
                    Apuliam Lucaniam Calabros Bruttios et Salentinos ; quarum regionum vetustates
                    notissimas habeo, sed huius temporis locorum nomina situmque nec satis
                    perlustravi nec alias plene novi. Quare auxilio mihi hae in parte maximo opus
                    erit, quod video intelligoque a nemine alio quam ab Alphonso illustrissimo rege
                    praestari posse » (<xref ref-type="bibr" rid="Biondo.1927">(Biondo 1927,
                        p. 163)</xref> Lettre à Prospero Colonna).</p>
            </fn>
            <fn id="fn34">
                <label>34</label>
                <p>Ces instruments ne sont cependant pas forcément de nature ‹ littéraire › ; en
                    latin féodal, <italic>narratio</italic> peut signifier aussi la déclaration de
                    l’étendue d’un fief ou le dénombrement d’un état.</p>
            </fn>
            <fn id="fn35">
                <label>35</label>
                <p>A quoi il faut ajouter les envois faits par Biondo de certains passages de
                        l’<italic>Italia illustrata</italic> aux princes et aux rois, en vue de les
                    faire corriger par leur entourage. Dans une lettre, adressée cette fois à
                    Bartolomeo Fazio, il lui demande de faire circuler la partie de l’<italic>Italia
                        illustrata</italic> destinée à Alphonse d’Aragon pour la faire vérifier par
                    lui et ses amis (<xref ref-type="bibr" rid="Biondo.1927">(Biondo 1927,
                        pp. 165‑166)</xref> Lettre à Bartolomeo Fazio). Il a procédé de même pour la
                    Romandiola, à Malatesta Novello, seigneur de Césène et l’Étrurie, à Piero de’
                    Medici. Voir <xref ref-type="bibr" rid="Lucarini.2001">(Lucarini/Pontari
                        2001)</xref>; <xref ref-type="bibr" rid="Pontari.2003">(Pontari
                        2003)</xref>.</p>
            </fn>
            <fn id="fn36">
                <label>36</label>
                <p>« Libet vero, priusquam mediterranea et ad dexteram Auxeris ripam sita attingam,
                    ad certiorem locorum indaginem oram Etruriae maritimam usque ad Tiberim
                    describere », <xref ref-type="bibr" rid="Biondo.2014">(Biondo 2014,
                        p. 72)</xref> Regio secunda, Etruria, 15.</p>
            </fn>
            <fn id="fn37">
                <label>37</label>
                <p>En voici un exemple : « Potentia amnis sequitur, ad cuius ostium vetusta interiit
                    eiusdem nominis urbs inter primas Picentum aliquando numerata. Is amnis, in
                    Apennino supra Matelicam et quasi e regione Nuceriae Alphateniae oriundus, habet
                    intus ad dexteram et sub primis Apennini collibus ad duos mille passus distans
                    Monticulum oppidum. Ad sinistram vero inferius Montem Sanctum, egregium in
                    Picentibus oppidum. Superius vero, et ad primos Apennini colles, Potentia
                    praeterlabitur Sanctum Severinum, nobile sed novum oppidum, ad ruinas
                    aedificatum Septempedae oppidi vetustissimi, a Longobardis solo aequati »,
                        (<xref ref-type="bibr" rid="Biondo.2017">(Biondo 2017, p. 92)</xref> Regio
                    quinta Picenum, 50). On pourrait multiplier les exemples de ce type.</p>
            </fn>
            <fn id="fn38">
                <label>38</label>
                <p>Citation extraite de Paolo <xref ref-type="bibr" rid="Pontari.2009b">(Pontari
                        2009b, p. 110)</xref> : « La très ancienne cité d’Ortona se trouve sur le
                    littoral ; Ptolémée la mentionne avec l’embouchure de l’Aterno dans le
                    territoire des Péligniens. Mais Pline, qui est à mon avis plus crédible sur les
                    questions italiennes, assigne à la terre des Frentans toute la portion qui
                    s’étend depuis l’embouchure de l’Aterno aux Larinates. Bien plus, Ptolémée
                    lui-même, comme Pline, place la ville de Frentana à gauche de l’Aterno, où se
                    trouve aujourd’hui Francavilla, si bien que je pense que soit la carte de
                    Ptolémée, puisqu’elle montre le contraire, est corrompue, soit ceux qui ont
                    transmis &lt;le texte&gt; se sont trompés. »</p>
            </fn>
            <fn id="fn39">
                <label>39</label>
                <p><xref ref-type="bibr" rid="Pontari.2009">(Pontari 2009)</xref>.</p>
            </fn>
            <fn id="fn40">
                <label>40</label>
                <p><italic>Pline</italic>, III, 106 : « Sur la côte des Frentans, en partant du
                    Tiferne, il y a le fleuve Trinius qui offre un bon mouillage, les villes
                    d’Histonium, Buca, Ortona, le fleuve Aternus. Dans l’intérieur, les habitants
                    d’Anxanum avec le surnom des Frentans (<italic>Anxani cognomine
                        Frentani</italic>), les Carécini supérieurs et inférieurs […]. » <xref ref-type="bibr" rid="Pliniussecundus.1998">(Plinius Secundus 1998,
                        p. 88)</xref>.</p>
            </fn>
            <fn id="fn41">
                <label>41</label>
                <p>Pour les détails de la démonstration, voir <xref ref-type="bibr" rid="Pontari.2009">(Pontari 2009a, pp. 110‑120)</xref>.</p>
            </fn>
            <fn id="fn42">
                <label>42</label>
                <p>Francavilla est en général mentionnée sur les cartes marines. Elle l’est aussi
                    parfois sur les cartes de l’Italie moderne. En voici deux exemples : la carte
                    d’Italie conservée à Florence <ext-link ext-link-type="uri" xlink:href="https://archiviodistatofirenze.cultura.gov.it/archividigitali/unita-archivistica/?id=43">ASFi CN10</ext-link> ; un manuscrit de la <italic>Géographie</italic> de
                    Ptolémée, daté de la seconde moitié du XV<sup>e</sup> siècle, le Vatican
                        <ext-link ext-link-type="uri" xlink:href="https://digi.vatlib.it/view/MSS_Urb.lat.277/0267">Urb. lat.
                        277</ext-link>, f. 125r contient une carte de l’Italie moderne portant
                    Francavilla (mais évidemment nulle Frentana sur la carte antique, pas plus que
                    dans le texte).</p>
            </fn>
            <fn id="fn43">
                <label>43</label>
                <p>C’est en contradiction avec le passage de Ptolémée mentionné ci-dessus. Il n’y
                    pas de trace de Frentana dans la tradition manuscrite du géographie antique.</p>
            </fn>
            <fn id="fn44">
                <label>44</label>
                <p>Dans le passage précédent, Biondo utilise <italic>enumero</italic>, ce qui
                    renverrait cette fois au texte.</p>
            </fn>
            <fn id="fn45">
                <label>45</label>
                <p>Ou bien c’est le texte qui est fautif parce que les copistes qui l’ont transmis
                    se sont trompés.</p>
            </fn>
            <fn id="fn46">
                <label>46</label>
                <p><italic>Conjecto</italic> dans le vocabulaire des humanistes du XV<sup>e</sup>
                    siècle signifie « supposition, hypothèse, déduction logique » (voir <xref ref-type="bibr" rid="Rizzo.1973">(Rizzo 1973, p. 287)</xref>).</p>
            </fn>
            <fn id="fn47">
                <label>47</label>
                <p>Sur ce point, voir le commentaire de Paolo Pontari dans <xref ref-type="bibr" rid="Biondo.2017">(Biondo 2017, p. 216)</xref> n. 127.</p>
            </fn>
            <fn id="fn48">
                <label>48</label>
                <p>La notion qu’une carte dessine une réalité à un moment donné se retrouve dans la
                    cartographie locale qui se développe particulièrement dans les deux derniers
                    siècles du Moyen Age. Sur les rapports entre cartes locales et temporalité, voir
                        <xref ref-type="bibr" rid="Fermon.2018">(Fermon 2018, p. 320)</xref>.</p>
            </fn>
            <fn id="fn49">
                <label>49</label>
                <p><xref ref-type="bibr" rid="Biondo.2014">(Biondo 2014, p. 204)</xref> Regio
                    latina, 57 : Dans la description de l’intérieur de la région, nous ne pourrons
                    pas emprunter la méthode que nous avons utilisée dans d’autres régions,
                    commencer par les embouchures des rivières jusqu’à leur source. Mais nous en
                    adopterons une autre, qui répondra mieux à nos besoins et qui ne pourra pas être
                    appliquée à d’autres régions d’Italie, en suivant les trois voies, Appienne,
                    Latine et Tiburtine, qui par des chemins différents mèneront au fleuve Liris, à
                    Sinuessa et à Gaète. Pour une analyse du mode descriptif de la région du Latium,
                    voir <xref ref-type="bibr" rid="Michalsky.2019">(Michalsky 2019,
                    pp. 54‑56)</xref>.</p>
            </fn>
            <fn id="fn50">
                <label>50</label>
                <p><xref ref-type="bibr" rid="Strabo.1967">(Strabon 1967, p. 92)</xref>.</p>
            </fn>
            <fn id="fn51">
                <label>51</label>
                <p>Sur la réception de Strabon aux XV<sup>e</sup> et XVI<sup>e</sup> siècles, voir
                        <xref ref-type="bibr" rid="Dalche.2017">(Dalché 2017)</xref>.</p>
            </fn>
            <fn id="fn52">
                <label>52</label>
                <p>« Unde peritissimum hunc vetustatis scriptorem et simul Plinium, qui ab eo
                    sumpsit, secutari, eam Latinorum regionem nostrae nunc Campaniae et Maritimae
                    cogimur applicare » (<xref ref-type="bibr" rid="Biondo.2014">(Biondo 2014,
                        p. 165)</xref> Regio tertia, Latina, 6). A la suite de ce passage, il
                    reconnaît les difficultés qu’il a rencontrées à faire coïncider la région des
                    Anciens avec l’actuelle et s’interroge sur sa capacité à atteindre le but qu’il
                    s’est donné.</p>
            </fn>
            <fn id="fn53">
                <label>53</label>
                <p>Pétrarque est le premier à se servir de cartes « antiques » en vue de
                    reconstituer l’espace antique : <xref ref-type="bibr" rid="Bouloux.2006">(Bouloux
                        2006)</xref>. Sur la réception de la méthode de Pétrarque : voir <xref ref-type="bibr" rid="Bouloux.aparaitre">(Bouloux à paraître A)</xref>.</p>
            </fn>
            <fn id="fn54">
                <label>54</label>
                <p><xref ref-type="bibr" rid="Dalche.2016">(Dalché 2016)</xref>.</p>
            </fn>
        </fn-group>
    </back>
</article>